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Insulinorésistance

L’insulinorésistance est le trouble métabolique majeur derrière la perte de muscle, le gain de graisse et les processus dégénératifs les plus fréquents lors de l’avancée en âge mais aussi celui sur lequel nous pouvons agir le plus facilement.

par Laurent Jacob (16/02/2012)

- L’insuline est l’hormone majeure régulatrice du taux de sucre dans le sang.

- L’insuline facilite le passage du sucre sanguin en excédent vers les cellules où il pourra être utilisé (muscle, cerveau) ou stocké (cellules graisseuses : adipocytes).

Lors d’apports en sucre élevés durant des années, les cellules du corps deviennent moins sensibles à l’insuline, c’est l’insulinorésistance.

Dans un premier temps, le pancréas augmente la production d’insuline (quand l’employé est dur d’oreille, le patron hausse la voix !), ce qui finit par le fatiguer. 15 à 20 % des cas d’insulinorésistance évolueront en diabète dit de la maturité ou diabète gras ou de type 2 non insulinodépendant. A terme et selon les prédispositions génétiques, le pancréas peut finir par stopper totalement sa production d’insuline et le patient devenir insulinodépendant.

- Nous avons à la fois besoin de sucre comme carburant instantané et trop de sucre est dangereux car cela « brûle » nos cellules et accélère leur vieillissement. Les cellules des reins, yeux, système nerveux et le réseau vasculaire sont les plus sensibles ainsi que les cellules bêta du pancréas, justement celles qui produisent l’insuline !

Au delà de l’insuline, la régulation du sucre sanguin et sa captation par les cellules sont équilibrées par de très nombreux paramètres eux aussi fortement influencés par le vieillissement et sur lesquels il est possible d’agir : glucagon - adrénaline - hormones thyroïdiennes - hormones stéroïdes (cortisol, testostérone, estrogènes, dhea …) - rapport masse maigre / masse grasse - alimentation (protéines, graisses, index glycémique des hydrates de carbones) …

Les risques de l’insulinorésistance :

L’insulinorésistance est la première étape (réversible) vers le diabète et vers nombre de maladies dégénératives liées à l’âge.

- Augmentation du stockage des graisses qui à leur tour favorisent l’insulinorésistance ! La tendance est à la prise de poids en particulier abdominal (tour de taille).

- Augmentation des risques cardiovasculaires (hypertension, infarctus…)

- Augmentation des processus inflammatoires qui sont une des caractéristiques communes aux troubles cardiovasculaires, cancers, rhumatismes, troubles neurologiques (Alzheimer, démence sénile …) et dégénératifs de toutes sortes.

- Augmentation du stress oxydatif (rouille) et du phénomène de glycation (caramélisation des sucres et des protéines de l’organisme), deux des processus majeurs impliqués dans le vieillissement et les troubles dégénératifs.

- Diminution de la production d’hormone de croissance et de l’anabolisme si importants dans le maintien d’un corps fonctionnel à tout âge.

Le diagnostique de l’insulinorésistance :

En dehors des signes cliniques permettant de suspecter l’insulinorésistance, le diagnostique repose essentiellement sur 2 tests sanguins :

- La glycémie à jeun. Le plus courant, il donne le taux de sucre dans le sang à un instant précis, celui de la prise de sang généralement effectuée après un jeûne de 8 heures. Un taux trop bas ou trop élevé pointe une faiblesse des mécanismes régulateurs.

- L’hémoglobine glyquée (HbA1c). Le test le plus utile, il donne la moyenne des taux de sucre durant les 3 derniers mois (temps de renouvellement des globules rouges qui contiennent l’hémoglobine). Un taux trop élevé signe sans équivoque l’insulinorésistance, voire un diabète installé.

Éviter l’insulinorésistance :

L’objectif va être essentiellement d’améliorer la sensibilité des récepteurs cellulaires à tous les messagers hormonaux y compris l’insuline au travers de plusieurs leviers :

- Les activités physiques jouent un rôle majeur dans l’entretien et l’amélioration de la sensibilité de nos récepteurs cellulaires.

- Le contrôle des apports en sucres par l’alimentation. Non seulement les aliments au goût sucré, mais aussi les féculents (pain, riz, pâtes, pomme de terre), les légumes sucrés (carottes, maïs, betteraves), les sodas y compris ceux dits sans sucre et enfin les alcools.

- L’augmentation des apports en protéines évite les variations brutales des taux de sucres sanguins et donc des coups de pompe et fringales et favorise l’anabolisme (fabrication de muscle) ce qui améliore le rapport masse grasse / masse maigre et ainsi la sensibilité des récepteurs à l’insuline.

- L’optimisation du métabolisme par un apport en nutriments favorisant la production d’énergie par les mitochondries (centrales énergétiques au cœur de chaque cellule).

- La détection et la supplémentation de toute baisse de sécrétion hormonale (Testostérone, hormones thyroïdiennes, DHEA, cortisol, hormone de croissance …).

Références scientifiques en anglais :

- The critical role of metabolic pathways in aging. Diabetes. 2012 Jun ;61(6):1315-22. Barzilai N, Huffman DM, Muzumdar RH, Bartke A. Department of Medicine, Albert Einstein College of Medicine, Bronx, New York, USA.

- Therapeutic aspects of growth hormone and insulin-like growth factor-I treatment on visceral fat and insulin sensitivity in adults. Diabetes Obes Metab. 2007 Jan ;9(1):11-22. Yuen KC, Dunger DB. Division of Endocrinology, Oregon Health and Science University, Portland, Oregon, USA.

- Impact of caloric and dietary restriction regimens on markers of health and longevity in humans and animals : a summary of available findings. Nutr J. 2011 Oct 7 ;10:107. Trepanowski JF, Canale RE, Marshall KE, Kabir MM, Bloomer RJ. Cardiorespiratory/Metabolic Laboratory, The University of Memphis, Memphis, TN 38152, USA.

- Glycated hemoglobin as a marker of cardiovascular risk. Curr Opin Lipidol. 2006 Dec ;17(6):637-43. Khaw KT, Wareham N. School of Clinical Medicine, University of Cambridge, UK.

- Just HIT it ! A time-efficient exercise strategy to improve muscle insulin sensitivity. J Physiol. 2010 Sep 15 ;588(Pt 18):3341-2. Gibala MJ, Little JP. Department of Kinesiology, McMaster University, Hamilton, Ontario, L8S 4K1, Canada.


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