Depuis toujours, une question me porte : comment rendre possible ce que l’on croit impossible ?
Entre médecine, blessures et exploration des liens corps–esprit, mon parcours est celui d’un homme qui a appris à écouter le vivant pour mieux l’accompagner là où de nouveaux possibles peuvent surgir.
par Laurent Jacob (6/11/2011)
Initié très jeune à la montagne, à l’escalade et à l’apnée par mon père, j’ai grandi avec une conviction simple : nos limites sont des invitations. Les « conquérants de l’impossible » ont peuplé mon imaginaire d’enfant, alimentant ce désir de monter plus haut, de descendre plus bas et d’aller voir ce qu’il y a derrière le visible.
Plus tard, la médecine du sport et ses défis — préserver la fonctionnalité malgré les blessures — se sont imposés comme la continuité naturelle de cet élan : un nouveau terrain d’aventure.
L’exploration des limites a pourtant un prix. Depuis l’adolescence, j’ai traversé de nombreuses blessures : fractures, accidents, traumatismes crâniens… autant de passages contraints entre invalidation et “re-validation”. Ces épreuves ont façonné ma compréhension du mouvement, m’enseignant la valeur d’une fonctionnalité retrouvée et la patience nécessaire pour ré-habiter son propre corps.
Avec le temps, le champ s’est élargi. De la réparation à la compréhension, du soin à la présence, j’ai déplacé mon regard vers ce qui donne sens, cohérence et direction. Ce chemin m’a conduit à ouvrir un espace plus vaste que la seule pratique médicale : un film, un livre, des ateliers — autant de manières d’accompagner celles et ceux qui cherchent à mieux habiter leur vie et à traverser leurs passages avec justesse.
Âge des Possibles est né de là : un lieu pour renouer avec sa vitalité profonde, et pour inventer une manière plus vivante, plus juste, d’être au monde.